Rester en bonne santé

Mercredi 11 avril 2012

La santé semble devenue un devoir, une certaine façon de vivre.

Etre en bonne santé, s’occuper de soi, semble devenu une nouvelle religion pour certains, un projet de vie. Cet individu de l'unique, est devenu objet de sa propre jouissance ! On peut ressentir un rejet des personnes n’adhérent pas à cette pratique.

La mort, la vieillesse semblent être un échec, face au devoir de rester en bonne santé. Cette dyade associant la vie et la mort, constitutive du sujet, a éclaté. La vie est intimement associée à la mort: donner la vie c'est également donner la mort.Or aujourd'hui mourir est une faute,une erreur.Cette nouvelle façon de gommer la finitude a un impact sur le rapport spatio-temporel de l'homme. Nous ne nous structurons plus, dans la conscience de la mort Il n'y a plus de fin. Or finir, quitter, permet de se souvenir,de s'inscrire. Aujourd'hui l'homme semble flottant.

Arrêter le temps :

L’écoulement libre du temps a été canalisé, on a posé des barrages pour retenir ce temps qui file jusqu’à presque le figer. Il ne nous restera plus que des mers intérieures qui, à l’image de la mer morte vont un jour s’assécher. Nous devenons des momies, des morts vivants...  

Face à des personnes, qui ont des « somatisations », qui exposent leurs maux, leurs peaux que l’on dit malade, je l’entends comme une tentative désespérée d’écrire, de transcrire, de rentrer en relation. Mettre du corps, pourrait se traduire comme partir « à la recherche du temps perdu ».

Où est passé ce temps perdu ? Il n’est pas passé mais effacé...Alors plus rien ne peut tenir, puisqu’il n’y plus de trous ni d’espace, qui nous permettaient de respirer, de s’accrocher, de tenir. Tout est lisse, sans cicatrice, sans ride.

La peau abîmée fait trace, empreinte,  inscription. Il y a du corps là où espace médical, privé, social, nous poussent à tout effacer.

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